Syndicat National des Enseignants

 

 

 

 

 

 

 

-"chargés de cours" - table ronde organisée le 14.12.2000 au MENFPS -

 

 

 

 

Chargés de cours:
Trois mesures pour éviter un "bradage"
450 remplaçants et chargés de cours en activité au Luxembourg

< Source: LW/T. L.15/12/2000 >:

Au terme d'une table ronde de près de deux heures, organisée hier après-midi au ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports, les représentants des trois syndicats d'instituteurs brevetés se sont déclarés "satisfaits" de l'écho qu'ils ont rencontré auprès du ministre à propos de l'épineuse question de l'avenir des quelque 450 remplaçants et chargés de cours en activité au Luxembourg.

Les trois syndicats - le Syndicat national des enseignants (SNE-CGFP), l'Association des instituteurs préscolaires (AIP) et le Syndicat éducation et science (SWE) de l'OGB-L - ont présenté, hier soir, le résultat de leur entrevue au ministère.

A des syndicats qui se disent prêts à accepter le principe d'une seconde voie de formation régulière, Anne Brasseur a répondu banco. Cette formation, qui pourra être suivie en cours d'emploi, par ceux des chargés de cours qui sont détenteurs d'un certificat de fin d'études secondaires, permettra d'obtenir le certificat d'instituteur.

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Hier, Anne Brasseur, ministre en charge du dossier, avait pris le soin d'inviter à sa table ronde, outre les trois syndicats représentés chacun par deux délégués, l'association des agents membres du pool de remplaçants, créé en 1991 (ENCERQ). C'est là la deuxième mesure: les syndicats ont proposé que le pool soit réactivé correctement. A l'issue de cent vingt heures de formation, les remplaçants auraient un contrat à durée indéterminée et pourraient pallier les absences pour maladie et les congés parentaux ou de maternité.

A ces deux propositions, Anne Brasseur en a ajouté une troisième, qui vise, par l'intermédiaire d'un règlement grand-ducal, à établir un degré de priorité allant de l'instituteur breveté prioritaire au chargé de cours, en passant par l'instituteur temporaire.

Mais les syndicats d'instituteurs sont restés prudents. Même si ces trois propositions vont dans le bon sens, ils attendent de voir, en janvier, comment les procès engagés avec les communes vont se poursuivre. Une quinzaine d'entre eux, chargés de cours ou de direction, auraient ainsi déjà engagé un bras de fer devant la justice avec une administration communale pour que leur contrat à durée déterminée soit transformé en contrat à durée indéterminée. La cour administrative vient ainsi de confirmer qu'une chargée de direction de Mersch doit bénéficier du statut d'employée communale à durée indéterminée.

A ce sujet, Anne Brasseur a demandé le temps de la réflexion, afin de pouvoir rencontrer le ministre de l'Intérieur et le SYVICOL. Elle devrait retrouver les syndicats fin janvier pour une nouvelle table ronde. Les syndicats ont déjà fait savoir qu'ils sont, eux aussi, prêts à aller en justice pour défendre le titre d'instituteur.

Le problème des chargés de cours, créés pour faire face à une pénurie d'enseignants, n'est pas nouveau. Il ressurgit à un moment-clé pour la profession: les textes européens invitent les Etats membres de l'Union européenne à permettre l'emploi dans tous les Etats de l'UE des enseignants qui auraient un diplôme sanctionnant une formation dans un autre de ces Etats. Et comme huit à neuf cents instituteurs sont en voie de formation à l'ISERP et devraient arriver sur le marché du travail luxembourgeois dans trois, quatre ou cinq ans, les chargés de cours craignent légitimement pour leur avenir.

"Pour ceux des chargés de cours et remplaçants", conclut le communiqué de presse des trois syndicats (SNE, SWE et AIP), "qui ne remplissent pas les conditions d'études ou qui refusent de se soumettre aux exigences d'une formation qualifiante supplémentaire, le SNE, le SEW et l'AIP ne voient pas d'avenir dans l'enseignement public, ceci dans l'intérêt bien compris de l'école publique et de ses élèves". Parce que si les représentants des syndicats ont déclaré "ne rien avoir contre les chargés de cours", ils n'ont pas l'intention que la situation aboutisse au "bradage de leur profession".

< Source: LW/T. L.15/12/2000 >